Alger – Il semble que les relations algéro-françaises aient récemment évolué d’une période de tension, accompagnée d’efforts de rapprochement, qui les avait caractérisées ces dernières années, à une phase de crise ouverte.
Les déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune ont révélé la profondeur de cette crise, notamment lorsqu’il a affirmé que « sa visite en France est exclue pour le moment », en utilisant l’expression historique bien connue « Je ne vais pas à Canossa », tout en évoquant certaines parties françaises « hostiles à l’Algérie, qui influencent désormais les décisions de l’Élysée ».
L’expression « aller à Canossa » est une métaphore pour refuser de se soumettre ou demander pardon. Elle fait référence à l’acte imposé à l’empereur allemand Henri IV au XIe siècle lorsqu’il s’est rendu à la ville italienne de Canossa pour demander au pape Grégoire VII de lever l’excommunication prononcée contre lui.
Des liens forts
Bien que Tebboune ait déclaré – lors de sa première rencontre périodique depuis sa réélection avec des représentants de la presse – que le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris fin juillet n’avait aucun lien avec la visite prévue en France, il a réitéré que « l’Algérie ne tolérera pas l’humiliation ».
Tebboune avait reçu un message, dont le contenu n’a pas été révélé, de son homologue français Emmanuel Macron au début de son second mandat, lors de la réception d’Anne-Claire Legendre, envoyée spéciale et conseillère de Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Elle est la première responsable française à être reçue à la présidence algérienne depuis que l’Algérie a rappelé son ambassadeur de Paris en raison de l’affaire du Sahara occidental.
Dans son message de félicitations à Tebboune, Macron a affirmé que « les liens d’amitié sont solides entre la France et l’Algérie », et qu’il était « fermement déterminé à poursuivre le travail ambitieux contenu dans la Déclaration d’Alger pour renouveler le partenariat entre nos deux pays ».
Il a ajouté que « les relations avec l’Algérie restent exceptionnelles dans tous les domaines, notamment dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, et que le dialogue avec elle est essentiel, surtout avec sa présence au Conseil de sécurité de l’ONU ».
Les relations entre l’Algérie et la France ont connu une nouvelle crise fin juillet dernier, après que Macron a exprimé son soutien à la proposition d’autonomie pour le Sahara occidental, proposée par le Maroc sous sa souveraineté.
Photo: Le Monde
