Paris: une attaque d’ultradroite mène à l’identification du groupe néonazi Les Hussards

Paris: une attaque d’ultradroite mène à l’identification du groupe néonazi Les Hussards

Le 16 février 2025, une attaque violente a été perpétrée contre les locaux de l’Association des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), situés rue d’Hauteville dans le 10e arrondissement de Paris. Vers 15 heures, une vingtaine de militants d’extrême droite ont fait irruption dans les locaux où se tenait une projection-débat organisée par des militants antifascistes. Un membre de la CGT, Paul D., a été violemment agressé et poignardé avec un tesson de bouteille, nécessitant une hospitalisation en urgence absolue.

Une attaque préméditée

L’enquête a révélé que cette agression n’était pas un acte isolé, mais le résultat d’une action coordonnée. Les assaillants avaient planifié l’attaque via une messagerie chiffrée, identifiée comme un groupe Signal nommé “Les Hussards”. Les échanges montrent une volonté explicite de “fumer” des militants antifascistes, terme utilisé pour désigner une agression violente. Le jour de l’attaque, les membres du groupe s’étaient donné rendez-vous dans un bar des Grands Boulevards avant de se diriger vers le local ciblé, enfilant cagoules et cache-cous pour dissimuler leur identité.

Les Hussards : un groupuscule néonazi structuré

Les perquisitions menées au domicile des suspects ont permis de découvrir un arsenal inquiétant : armes à feu, poings américains, drapeaux arborant des symboles nazis, exemplaires de “Mein Kampf”, et autres objets à connotation néonazie. Le groupe “Les Hussards” se présente comme une organisation d’ultradroite structurée, avec des liens présumés avec d’autres groupuscules dissous tels que le Groupe Union Défense (GUD) et les Zouaves Paris .

Réactions et mesures des autorités

Face à la gravité des faits, les autorités ont ouvert une enquête pour “violences avec armes en réunion”. Six individus, âgés de 18 à 23 ans, ont été interpellés et mis en examen. Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a interdit une manifestation prévue le 10 mai par le Comité du 9 Mai (C9M), une organisation néofasciste, craignant des débordements similaires. Cette interdiction a été motivée par les liens présumés entre les organisateurs du C9M et le groupuscule “Les Hussards”.

Implications politiques et sociétales

Cette attaque met en lumière la résurgence de groupuscules d’ultradroite en France et leur capacité à organiser des actions violentes. Elle soulève des questions sur la surveillance de ces organisations et la prévention de leurs actions. Les autorités sont appelées à renforcer les mesures de sécurité et à surveiller de près les activités de ces groupes pour éviter de nouvelles violences.

Cette affaire illustre la menace persistante que représentent les groupuscules d’ultradroite en France et la nécessité d’une vigilance accrue de la part des autorités et de la société civile.

Photo: Serge Ayoub (au centre) dirige depuis des années une série de groupes d’extrême droite dans le nord de la France

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