Tunis – juillet 2025-La situation des avocats tunisiens s’est considérablement détériorée au cours des derniers mois, selon une alerte lancée par deux rapporteurs spéciales des Nations unies. Elles accusent le pouvoir exécutif de vouloir « réduire au silence » les voix critiques, en ciblant directement les professionnels du droit.
Dans un communiqué publié lundi, Margaret Satterthwaite, experte sur l’indépendance des juges et des avocats, et Irene Khan, rapporteur sur la liberté d’expression, dénoncent des mesures qui « sapent la capacité des avocats à représenter leurs clients » et qui « interfèrent gravement avec l’exercice libre de leur profession ».
Parmi les cas cités : celui d’Ahmed Souab, figure emblématique du barreau tunisien, arrêté le 21 avril. D’autres avocats, tels que Dalila Msaddak, Islem Hamza, Ayachi Hammami, Ghazi Chaouachi, Mehdi Zagrouba et Lazhar Akremi, ont été poursuivis ou condamnés à de lourdes peines pour avoir exprimé publiquement leurs opinions ou défendu des opposants.
L’arrestation brutale de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, survenue le 11 mai 2024 au siège de l’Ordre des avocats, a particulièrement choqué la profession. Des policiers cagoulés l’ont interpellée sans mandat, dans ce que ses confrères qualifient d’acte illégal et politique.
Depuis le coup de force du 25 juillet 2021, Kaïs Saïed concentre les pouvoirs et gouverne par décrets. La Tunisie, autrefois symbole du Printemps arabe, glisse vers un régime autoritaire où la liberté d’expression est criminalisée et les contre-pouvoirs affaiblis.
Selon plusieurs analystes internationaux, une alliance idéologique se dessine entre Tunis, Alger et Téhéran. Le président tunisien Kaïs Saïed, le général algérien Saïd Chengriha et le guide iranien Ali Khamenei partagent une vision politique marquée par le rejet des libertés fondamentales, la répression des opposants et une hostilité ouverte envers les valeurs démocratiques.
L’alignement de la Tunisie avec les régimes algérien et iranien se manifeste par un usage accru des forces de sécurité, une rhétorique populiste, et une diffusion de discours conspirationnistes. Les observateurs pointent également une montée de l’antisémitisme dans les discours officiels, à l’image de ce qui prévaut en Algérie et en Iran.
Le régime iranien, dirigé par Ali Khamenei, est considéré comme l’un des plus dictatoriales au monde, Il finance plusieurs groupes armés impliqués dans des nettoyage ethnique . En Algérie, les médias publics relaient régulièrement des théories du complot sur la sureté de l’Etat, une politique pour garder tous les voix de l’opposition à la défense et accepter l’état de fait actuel.
