Sommet sur L’intelligence Artificielle : la France investit 109 milliards de dollars

Sommet sur L’intelligence Artificielle : la France investit 109 milliards de dollars

« Les progrès rapides de l’IA ne se limitent pas à des avancées technologiques ; ils remodèlent le tissu même de nos sociétés. Ils nous poussent à repenser notre rapport à la créativité, au travail, à l’apprentissage, aux interactions sociales… », a souligné Laura Chaubard, présidente et directrice générale de l’Ecole polytechnique en ouverture de la conférence.

« Tout au long de l’histoire, l’humanité s’est interrogée sur ces sujets – lors de la révolution industrielle, de l’essor de l’imprimerie et de l’avènement de l’internet. Mais il est rare que nous ayons été confrontés à toutes ces questions simultanément », a-t-elle poursuivi

L’École polytechnique accueille les 6 et 7 février une conférence scientifique internationale sur l’intelligence artificielle, organisée par l’Institut Polytechnique de Paris, en amont du Sommet mondial sur l’IA organisé à Paris les 10 et 11 février à l’initiative de la présidence de la République française à, un message de la france que l’école phare de la tech française  n’est pas étrangère à ces moments de profonde transformation.

Paris est le centre mondial de l’intelligence artificielle lundi 10 février à l’occasion de l’ouverture d’un sommet international sur l’Intelligence Artificielle, pour l’occasion, de nombreux chefs d’État et de gouvernement, entrepreneurs et patrons influents de la haute technologie rejoignent la capitale française

Pour se faire une place entre les États-Unis et la Chine, Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d’euros d’investissement dans l’IA. Ces investissements vont venir d’entreprises privées. Le leader français, Mistral AI, va investir plusieurs milliards d’euros dans son data center en Essonne.

Ce sommet marque une étape décisive dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle et positionne Paris comme un hub stratégique pour l’innovation et la réflexion sur l’avenir du numérique. Toutefois, l’événement suscite aussi des débats sur les limites éthiques et les risques associés à cette technologie en plein essor.

Les annonces du sommet :

  • Un investissement de 109 milliards d’euros en France dans l’intelligence artificielle dans les prochaines années, annoncé par Emmanuel Macron.
  • 100 000 jeunes seront formés en IA contre 40 000 aujourd’hui.
  • Iliad (Free) investit 3 milliards d’euros dans l’IA, principalement dans la construction de nouveaux data centers.
  • Partenariat entre Free et Mistral AI : les abonnés Free auront accès gratuitement pendant un an à la version premium du chatbot Le Chat Pro.
  • Arthur Mensch (PDG de Mistral AI) met en avant les talents européens en IA, affirmant que l’Europe possède les meilleurs chercheurs du domaine.
  • Lancement d’une formation sur l’IA pour les élèves français dès la rentrée 2025 pour les classes de 4e et Seconde.
  • Mistral AI lance son chatbot “Le Chat” sur iOS et Android, accompagné de nouvelles offres, dont une gratuite.
  • Construction d’un data center géant en France, en partenariat avec les Émirats arabes unis, avec un investissement de 30 à 50 milliards d’euros.
  • Annonce d’un campus dédié à l’intelligence artificielle, qui pourrait devenir le plus grand d’Europe.

109 milliards d’euros d’investissements par la France

Alors que les géants de la technologie se livrent à une véritable course à l’armement pour dominer un secteur en pleine évolution, les organisateurs du sommet français souhaitent également que les grandes décisions d’investissement soient prises en Europe afin de rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

En réponse aux 500 milliards de dollars annoncés par donald trump pour son projet stargate  , Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d’euros d’investissements de la France dans l’IA, notamment pour construire des data centers : “L’Europe va accélérer, la France va accélérer, et donc, pour la France, nous annonçons, demain à ce sommet, 109 milliards d’euros d’investissement dans l’intelligence artificielle au cours des prochaines années “.

Le dirigeant français a expliqué que l’IA prendrait en charge les tâches les plus lourdes et les plus répétitives dans les systèmes de santé et les professions d’assistance, libérant ainsi les soignants pour qu’ils puissent superviser les robots et être présents de manière humaine. “Cette évolution permettra d’améliorer la qualité des soins”, a-t-il ajouté.

Pékin en faveur d’une IA open source

Parallèlement, à Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a exprimé lundi son opposition à toute mesure visant à restreindre l’accès aux outils d’intelligence artificielle, en particulier après la publication de DeepSeek ayant suscité des appels au Congrès américain pour en limiter l’utilisation pour des raisons de sécurité.

“Nous nous opposons à l’établissement de lignes idéologiques et à l’extension excessive des concepts de sécurité nationale, ainsi qu’à la politisation des questions économiques et commerciales”, a-t-il déclaré.

Guo Jiakun a affirmé que la Chine plaidait en faveur d’une technologie d’IA open source et encourageait l’accessibilité des services d’IA afin que tous les pays puissent bénéficier des avantages de l’intelligence artificielle.

La montée en puissance de DeepSeek a été perçue par les analystes et les observateurs de la technologie comme un changement dans l’écosystème de l’IA, en particulier à la lumière de la concurrence entre les États-Unis et la Chine.

La France adopte justement la technique de l’open source si elle ne peut espérer atteindre le sommet seule, elle a trouvé son créneau. Pour se différencier du gigantisme américain comme des approches catastrophistes, Paris défend une conception équilibrée de l’IA, qui se dit consciente des risques comme des opportunités, et qui va piocher dans les valeurs des Lumières pour défendre une IA ouverte à tous et économe en ressources.

Pour parler de l’IA, Emmanuel Macron renvoie dans un communiqué à la Renaissance et à “une certaine idée de l’Homme : celle qui assujettit la machine à l’esprit, l’univers à la raison, la cause individuelle à l’intérêt général”. Et pour partager les bénéfices, Paris défend un modèle : l’open source (qui implique que le code informatique soit librement accessible, modifiable et partageable) ainsi que la création de “communs numériques”, par opposition à la politique des géants américains.

Trouver sa propre voie

Mais ces atouts peuvent-ils suffire à la France pour rattraper les Etats-Unis, maillot jaune incontestable ? Combler l’écart semble irréaliste. “Je pense qu’il n’est pas pertinent de vouloir créer un Google ou un Amazon français”, estime Laurent Daudet, co-fondateur de l’entreprise française d’IA LightOn.

“Une entreprise américaine va lever dix fois plus de fonds d’un coup qu’une entreprise française semblable”, souligne Gaël Varoquaux. Or, embaucher les meilleurs spécialistes, acheter le matériel informatique et rassembler les données nécessaires à l’entraînement de modèles d’IA toujours plus grands… Tout cela se chiffre en millions, voire en milliards – l’exemple le plus gigantesque étant le ” projet Stargate ” lancé par Donald Trump et son coût annoncé de 500 milliards de dollars .

L’espoir n’est pas pour autant interdit. “Il y a trois ans, bien malin qui aurait pu prédire qu’OpenAI allait chambouler les géants de la tech !”, rappelle  Patrick Pérez, directeur général de Kyutai, un laboratoire français de recherche en IA à but non lucratif. “On n’a pas encore d’entreprises de ce type-là en Europe, mais ça ne veut pas dire que ça n’arrivera jamais.”

“Ce qui est frappant avec l’IA moderne, c’est que des petites équipes très motivées et bien dotées peuvent faire des choses extraordinaires en peu de temps”, appuie ce spécialiste, dont le laboratoire est à l’origine de l’IA Moshi, qui avait impressionné par ses capacités de synthèse vocale. Laurent Daudet abonde : “On peut créer des entreprises qui n’ont pas à rougir devant les géants américains, qui sont focalisées sur des cas d’usage précis.”

les critiques des ONG à l’Intelligence Artificielle :

En organisant à Paris le sommet mondial sur l’Intelligence artificielle (IA), Emmanuel Macron souhaite que « la France ne passe pas à côté de cette révolution. » Sous couvert d’innovation, c’est la course à la productivité et au profit qui est en jeu. Au rythme foudroyant à laquelle l’IA se développe, les dirigeants ne semblent pas pressés de réfléchir aux enjeux humains, sociaux et environnementaux que posent ces nouvelles technologies. Pourtant, l’un des plus grands enjeux est là.

Développer l’IA pour continuer d’obtenir des avancées majeures dans des domaines comme la médecine oui, mais développer l’IA en mettant en péril des droits, non. Les droits humains et la justice environnementale doivent être placés au cœur de la régulation de l’intelligence artificielle.

Et parce que les dangers de l’IA ne figureront pas au programme officiel du Sommet mondial, nous vous les rappelons ici.

1. L’IA perpétue le racisme 

Pour fonctionner, l’IA s’appuie sur des bases de données qui intègre les préjugés et biais des personnes qui l’ont créé. L’IA perpétue donc les stéréotypes et accentue les discriminations déjà existantes.

Par exemple aux États-Unis, la police utilise une IA pour prédire la récidive criminelle. C’est le fait qu’une personne accusée va potentiellement commettre un nouveau un délit. Cette IA cible deux fois plus les accusés Noirs que les accusés Blancs.

2. L’IA accentue le sexisme

L’intelligence artificielle s’impose comme un miroir de nos sociétés : elle reflète, aussi, ses biais et accentue les inégalités de genre.

En Autriche, des algorithmes utilisés dans des outils d’accès à l’emploi ont écarté les femmes des secteurs informatique.

3. L’IA permet la cybercriminalité

Les montages perçus les plus crédibles générés par IA sont un réel danger pour les femmes et les enfants.

Les deepfakes sont massivement utilisés dans le but de nuire aux femmes et de générer des contenus pédo-criminels.

4. L’IA impacte la planète

D’ici 2027, l’IA générative nécessitera une alimentation en électricité équivalente à celle de l’Argentine, cinq fois la France en superficie.

Les pays du Sud sont les premiers impactés par les ravages écologiques de l’IA : les data center y pullulent, l’extraction de minerais comme le cobalt (utilisé pour la fabrication des batteries) met en péril la santé des populations et entraîne la pollution des eaux et des terres.

Les émissions de CO2 des “géants de la Tech” ont augmenté de 30 à 50% en 2024 suite au développement fulgurant de l’intelligence artificielle.

5. L’IA désinforme

Beaucoup d’outils d’intelligence artificielle permettent et participent à la désinformation :

-Des « bots », ces robots qui imitent l’activité humaine sur les réseaux sociaux pour manipuler l’information, en spammant du contenu, en renforçant la notoriété de comptes ou en diffusant de fausses informations.

-Montage photo généré par l’IA. Lors de la campagne américaine, Donald Trump a relayé une photo générée par IA montrant Kamala Harris de dos en leader communiste face à une foule de partisans. Une image vue 82 millions de fois.

-Les deepfakes, ces fausses vidéos de célébrité qui prolifèrent sur les réseaux sociaux, outil notamment utilisé lors de campagnes présidentielles pour attribuer de faux propos aux candidats en lice.

À la vitesse laquelle se développe l’IA, il va devenir de plus en plus difficile de déceler le vrai du faux.

6. L’IA surveille 

Les systèmes d’IA sont aussi utilisés à des fins de surveillance contre certaines populations. En témoigne les pratiques de la Chine, dotées d’outils dopées à l’IA pour surveiller la population ouïghoure. Et bien souvent, ces technologies sont développées par les pays occidentaux.

➡️L’IA est d’ailleurs déjà utilisée aux frontières européennes à des fins de surveillance contre les personnes exilées. Parmi les outils : des détecteurs de mensonge et d’émotions sont utilisés pour contrôler les frontières. Baptisé iBorderCtrlle projet est financé par l’Union européenne et déjà testé dans 3 pays : Hongrie, Grèce et Lettonie.

7. L’IA peut tuer 

L’IA, c’est aussi ça : des drones et autres armes sophistiquées capables de choisir leurs propres cibles et de les attaquer sans contrôle humain. Des robots-tueurs, décidant via leurs algorithmes de qui vit et de qui meurt, se développent et se vendent déjà sur le marché.

A Gaza, l’armée israélienne a utilisé une IA appelée Lavender, censée cibler des terroristes mais qui ont provoqué la mort de milliers de civils gazaouis.

Les États ont notamment de plus en plus recours aux technologies assisté par IA comme aide au maintien de l’ordre lors de manifestations et d’événements sportifs ou contre des populations marginalisées, en particulier des personnes migrantes ou réfugiées. Ces outils ont la capacité d’identifier, de suivre, de distinguer et de repérer des personnes, compromettant ainsi leurs droits à la vie privée, aux libertés d’expression et de réunion pacifique, à l’égalité et à la non-discrimination.

 

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