Paris – La Turquie a annoncé son intention d’ériger un mur le long de sa frontière avec la Grèce afin de lutter contre l’immigration clandestine vers l’Union européenne. Cette décision a été confirmée mardi par Yunus Sezer, gouverneur de la province d’Edirne (nord-ouest), qui a précisé qu’une première section de 8,5 kilomètres serait construite cette année.
À terme, d’autres segments viendront compléter cette barrière sur une frontière terrestre de près de 200 kilomètres, largement délimitée par le fleuve Meriç (Evros en grec).
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de contrôle accru des flux migratoires. En 2016, un accord entre l’Union européenne et la Turquie avait prévu que cette dernière retienne sur son territoire les réfugiés syriens, estimés aujourd’hui à 2,9 millions. Toutefois, en février et mars 2020, des dizaines de milliers de migrants avaient tenté de traverser la frontière vers la Grèce après que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, eut menacé d’ouvrir les portes de l’Europe.
Malgré ces mesures, de nombreux migrants poursuivent leurs tentatives pour rejoindre la Grèce, principalement par voie maritime. Fin février, six d’entre eux ont péri en mer en tentant d’atteindre l’île grecque de Samos à bord d’un canot pneumatique.
La Turquie a déjà érigé plus de 1.000 kilomètres de murs à ses frontières avec l’Iran et la Syrie afin de freiner les passages clandestins.