Des experts des Nations Unies ont fermement dénoncé l’arrestation brutale des avocats tunisiens Sonia Dahmani et Mehdi Zagrouba, survenue en mai 2024 au siège de l’Ordre des avocats à Tunis. Ces arrestations ont été qualifiées de violations graves des droits fondamentaux, notamment du droit à la liberté d’expression et à l’indépendance de la profession juridique.
Détention violente et torture présumée
Mehdi Zagrouba aurait été victime de violences physiques lors de sa détention : des marques de coups, des ecchymoses et des blessures ont été observées sur plusieurs parties de son corps. Son état de santé s’est rapidement détérioré, provoquant vomissements et perte de conscience. Les experts ont exigé une prise en charge médicale urgente et l’ouverture d’une enquête indépendante, rappelant l’interdiction absolue de la torture.
Atteintes à l’indépendance judiciaire
Les experts ont également critiqué le refus du ministère de la Justice d’autoriser le juge Anas Hamadi à participer à une réunion internationale, y voyant une entrave injustifiée à la liberté d’association. Ils ont exprimé leur inquiétude face à l’usage abusif de notes administratives pour modifier la composition des tribunaux, ce qui pourrait constituer une mesure punitive contre certains magistrats.
Appel à la fin des représailles
L’ONU appelle les autorités tunisiennes à cesser toute forme de représailles contre les avocats et les juges, et à respecter les engagements internationaux en matière de droits humains. Les experts se disent prêts à engager un dialogue constructif avec le gouvernement tunisien pour garantir le respect des libertés fondamentales.
