Paris : le démantèlement d’un campement de centaines de migrants suscite la colère des associations

Paris : le démantèlement d’un campement de centaines de migrants suscite la colère des associations

L’évacuation d’un campement abritant plusieurs centaines de migrants et de personnes sans domicile fixe, mercredi 14 octobre 2026, dans le nord de Paris, provoque de vives critiques de la part des associations humanitaires. Ces dernières contestent le nombre de places d’hébergement annoncées par la mairie et dénoncent des solutions insuffisantes pour les personnes évacuées.

La police française, avec le concours des services de la Ville de Paris, a procédé mercredi au démantèlement d’un campement installé depuis plusieurs mois sous le viaduc de la ligne 2 du métro, entre les stations Stalingrad et La Chapelle, dans le 18e arrondissement.

Plusieurs centaines de personnes vivaient sur place, dans des tentes et des abris de fortune, dans des conditions sanitaires et matérielles particulièrement précaires.

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé que des solutions d’hébergement seraient proposées à environ 400 personnes. Selon la municipalité, cette intervention vise à mettre à l’abri les personnes vivant dans la rue et s’inscrit dans un programme de résorption des campements installés le long de la ligne 2 du métro.

Les associations contestent les chiffres de la mairie

Les associations Utopia 56 et Collectif accès au droit ont vivement critiqué les conditions de l’opération, affirmant que le nombre de places d’hébergement réellement disponibles était très inférieur aux annonces municipales.

Selon ces organisations, seules 50 places auraient été ouvertes par la Ville de Paris. Le conseiller municipal Émile Meunier a, pour sa part, évoqué environ 60 places, contestant la présentation de cette évacuation comme une opération de mise à l’abri de l’ensemble des occupants.

Les associations soulignent également que de nombreuses personnes concernées travaillent, suivent une formation ou effectuent des démarches administratives dans la capitale. Leur transfert vers des structures éloignées pourrait ainsi compromettre leur activité professionnelle, leur scolarité ou leurs démarches de régularisation.

Elles dénoncent par ailleurs l’installation d’aménagements urbains destinés à empêcher le retour des tentes dans les espaces évacués, estimant que le démantèlement des campements, sans solutions d’hébergement durables, ne permet pas de résoudre le problème du sans-abrisme.

La préfecture invoque des risques sanitaires et sécuritaires

L’évacuation a été menée en application d’un arrêté pris le 12 octobre par la préfecture de police de Paris, qui justifie son intervention par la dégradation des conditions sanitaires et sécuritaires dans le campement et ses environs.

Selon les autorités, le site comptait 201 tentes et 136 emplacements de couchage supplémentaires. La préfecture a notamment signalé une accumulation de déchets, la présence de rats et l’absence d’accès à l’eau potable.

Elle a également fait état de plusieurs incidents violents, dont des rixes impliquant des armes blanches. Depuis le début de l’année, trois tentatives d’homicide et deux agressions à l’arme auraient été recensées dans le secteur, selon les chiffres avancés par les autorités pour justifier l’opération.

Une crise de l’hébergement qui persiste dans la capitale

Cette intervention intervient quelques jours après d’autres évacuations réalisées le 8 octobre, notamment quai de Jemmapes et aux abords de la station Jaurès, où des solutions d’hébergement avaient été proposées à environ 150 personnes.

Ces opérations s’inscrivent dans un plan municipal visant à résorber les campements situés entre Colonel Fabien et Barbès, à l’approche de l’hiver.

Elles relancent toutefois le débat sur la prise en charge des migrants et des personnes sans abri à Paris, alors que les associations dénoncent régulièrement le manque de places dans les structures d’accueil et la reconstitution de campements après les évacuations.

Pour les organisations mobilisées, la priorité doit être accordée à des solutions d’hébergement adaptées, stables et accessibles, permettant aux personnes concernées de poursuivre leurs démarches administratives, professionnelles et sociales.

Elles estiment que les mises à l’abri temporaires, lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’un véritable parcours vers un logement durable, risquent de déplacer le problème plutôt que d’y apporter une réponse pérenne.

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