Le président chinois Xi Jinping a salué dimanche les relations entre la Chine et la France, les qualifiant de “modèle de coexistence pacifique”

Le président chinois Xi Jinping a salué dimanche les relations entre la Chine et la France, les qualifiant de “modèle de coexistence pacifique”

Paris – Xi Jinping a déclaré que les relations entre la Chine et la France sont un modèle de coexistence pacifique et de coopération entre des pays aux systèmes politiques différents. Il a ajouté que le développement des relations entre les deux pays contribue à réaliser “la stabilité et l’énergie positive dans un monde troublé” lors de sa visite en France à l’occasion du 60e anniversaire des relations bilatérales.

Pendant sa visite à Paris dimanche, le président chinois Xi Jinping a salué les relations entre son pays et la France, les considérant comme un modèle de coexistence pacifique et de coopération entre des pays aux systèmes politiques différents, à l’occasion de sa visite en France pour célébrer le 60e anniversaire des relations bilatérales.

Pour sa part, le président français Emmanuel Macron prévoit d’inviter son homologue chinois lors de leur rencontre à “traiter à égalité” dans le domaine du commerce et de discuter des moyens de parvenir à une solution à la guerre en Ukraine, tandis que le président chinois continue de soutenir la Russie.

Le président chinois a été accueilli vers 16 heures (14 heures GMT) par le Premier ministre Gabriel Attal à l’aéroport d’Orly à Paris.

Divisions européennes

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se joindra aux présidents français et chinois au palais de l’Élysée lors d’une réunion au cours de laquelle les conflits commerciaux devraient être abordés.

Dans l’après-midi, une réception officielle chaleureuse sera organisée en l’honneur du président chinois au palais de l’Elysée. Avant un dîner à l’Elysée, Macron et Xi se rencontreront en tête-à-tête lors d’une réunion politique, puis s’adresseront à la presse.

Xi Jinping, qui célèbre le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques franco-chinoises, tiendra une série de réunions avec Macron, qui a préalablement consulté le chancelier allemand Olaf Scholz.

Cependant, les divisions au sein des vingt-sept pays de l’Union européenne, notamment entre la France et l’Allemagne, sapent leur capacité à influencer la Chine. Des sources ont déclaré que Scholz ne se joindrait pas à Macron et Xi à Paris en raison d’engagements antérieurs. Dans une interview accordée au journal “La Tribune” publiée dimanche, Macron a admis qu’il n’y avait pas de “consensus” parmi les Européens sur la stratégie à suivre, car “certains voient toujours la Chine comme un marché à vendre”, alors qu’elle “exporte massivement vers l’Europe”.

Dans ce contexte, Noah Barkin, conseiller principal au sein du groupe Rhodium et observateur attentif des relations entre l’Union européenne et la Chine, estime que “l’influence disparaît par la fenêtre si les dirigeants européens envoient des messages contradictoires à Xi”.

Réduire le déséquilibre commercial et une “trêve olympique”

Le président français prévoit également de demander le soutien de la Chine pour une “trêve olympique” suspendant “tous” les conflits lors des Jeux de Paris cet été. Il cherchera notamment à convaincre son homologue chinois de réduire les déséquilibres commerciaux entre les deux pays et d’utiliser son influence sur la Russie en ce qui concerne la guerre en Ukraine.

La France soutient l’enquête menée par l’Union européenne sur les exportations de voitures électriques chinoises, et en janvier, Pékin a ouvert une enquête sur les importations de cognac, dont la plupart sont fabriquées en France, une mesure largement perçue comme une réponse à une série croissante d’enquêtes de l’Union européenne.

Un conseiller à l’Elysée avant la visite de Xi, la première en Europe depuis cinq ans, a déclaré : “Nous devons continuer à encourager les autorités chinoises à nous donner davantage de garanties sur les questions commerciales”.

La France cherchera également à progresser dans l’ouverture des marchés chinois à ses exportations agricoles et à résoudre les problèmes liés aux préoccupations de l’industrie cosmétique française concernant les droits de propriété intellectuelle.

Bien qu’aucun contrat majeur n’ait encore été signé, les discussions sur les investissements se poursuivront jusqu’à la fin.

Un forum économique sino-français est prévu lundi au théâtre Marigny.

Guerre en Ukraine

En ce qui concerne la guerre en Ukraine, Paris s’efforce de demander à Pékin de faire pression sur Moscou pour mettre fin à ses opérations dans ce pays, mais n’a jusqu’à présent guère progressé, à l’exception de la décision de Xi de contacter le président Volodymyr Zelensky pour la première fois peu de temps après la visite de Macron à Pékin l’année dernière.

Le conseiller à l’Elysée a ajouté : “Étant donné que la Chine est l’un des principaux partenaires de la Russie, notre objectif est d’utiliser son influence sur Moscou pour changer les calculs de la Russie et contribuer à une solution au conflit”. L’Elysée souligne que ce que la France veut, c’est “encourager (la Chine) à utiliser” son influence sur la Russie “pour contribuer à une solution au conflit”.

Macron avait déjà transmis le même message il y a un an lors de sa visite d’État en Chine, mais les résultats ont été modestes.

En conclusion, le chercheur à l’Institut français des relations internationales, Marc Julienne, estime que “cette approche reflète une lacune dans la compréhension des intérêts stratégiques” de la Chine qui cherche à “rester à l’écart des conflits” et ne souhaite “pas s’engager davantage, ni du côté des Européens, ni en fournissant un soutien militaire à la Russie”.

Néanmoins, Macron tentera de réitérer cette position lors d’une étape dans les Pyrénées mardi, où les deux présidents seront accompagnés de leurs épouses. Ce dîner dans la montagne de Tournailles, où Macron passait ses vacances chez sa grand-mère lorsqu’il était enfant, vise à briser le protocole diplomatique et à engager un débat franc et direct, en particulier sur l’Ukraine.

Cependant, aucun des objectifs ne sera facilement atteint lors de la visite du président chinois, alors que les tensions commerciales entre l’Europe et la Chine sont en hausse.

Lors de sa première visite en Europe depuis 2019, Xi Jinping a choisi d’adopter un équilibre diplomatique dans ses étapes : après sa visite d’État en France, qui l’invite depuis près d’un an à “exhorter la Russie à recourir à la raison” concernant la guerre en Ukraine, il se rendra mardi après-midi en Serbie et en Hongrie, deux pays proches de Moscou.

La communauté tibétaine condamne la visite

En protestation contre la visite de Jinping, des milliers de manifestants, selon des représentants de la communauté tibétaine, se sont rassemblés dimanche après-midi à Paris, où ils ont dénoncé l’accueil réservé par la France à “un dictateur”, selon des journalistes de l’Agence France-Presse.

Une grande banderole portant l’inscription a été affichée sur la place de la République, le lieu traditionnel de manifestation dans la capitale française : “Arrêtez de menacer Taïwan, arrêtez la répression à Hong Kong, arrêtez de soutenir Poutine, arrêtez d’interférer en France”.

Des pancartes portant les inscriptions “Le dictateur Xi Jinping est fini” et “Non à l’impérialisme chinois” ont également été brandies.

Carmen Tenlay, président de la communauté tibétaine en France, a déclaré à l’Agence France-Presse à l’arrivée du président chinois à Paris dimanche après-midi pour une visite de deux jours : Xi Jinping est un “dictateur” qui veut éliminer la culture et la tradition tibétaines. En Chine, “il n’y a pas de liberté d’expression, pas de liberté du tout”. Il a ajouté : “La France est un pays de droits de l’homme et de libertés, et cela ne correspond pas à sa visite en France”.

JalyaNews + France 24

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